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Articles de la rubrique "Sécurité"
Quand les capteurs prendront la place des conducteurs“ électroEt si les voitures pouvaient se prévenir les unes les autres de la présence d’un accident ou d’un bouchon ?” En 2005, la question relevait encore de la “science-fiction“. Pourtant, elle faisait écho à la création, fin 2004, d’un consortium regroupant plusieurs constructeurs automobiles. Objectifs : prévenir les accidents, démultiplier le nombre de capteurs (de circulation, pollution, conditions météorologiques et même d’infraction, cf. Les apprentis sorciers de l’informatique ambiante), faciliter l’accès à l’internet ou encore développer les systèmes de péagesniques.![]() Encore faut-il mettre au point un standard de communication commun. La semaine dernière, pour la première fois, des voitures de marque différentes ont, à l’occasion du second forum Car2Car, communiqué entre elles. Il s’agirait même d’une “étape importante pour le futur de l’automobile“. Ca peut paraître étonnant, mais, à l’ère de la convergence et de l’interopérabilité, il aura donc fallu attendre quatre ans pour y arriver. Et encore : Toyota et Nissan ne se sont pas associés au consortium, qui réunit 9 constructeurs essentiellement européens. L’interopérabilité serait d’autant plus difficile que le nombre de services escomptés a tendance à se démultiplier : certaines sociétés tierces lancent ainsi leurs propres services en pariant sur le fait que les constructeurs finiront par s’y rallier, et que la voiture finira par devenir un véritable assistant personnel.
De la voiture comme assistant personnel à l’écosystème routierProlongeant le car2car, de nombreuses autres innovations se préparent du côté des échanges d’information entre l’infrastructure et les véhicules. On parle d’ailleurs de communication car2X ou car2many. En équipant de capteurs 46 feux de signalisation, Audi aurait ainsi réduit de 20% le nombre de voitures arrêtées aux feux rouges, ce qui, au-delà de l’optimisation du trafic, ouvre la voie à de substantielles économies d’énergie.
Dans le même genre, Nissan expérimente un système de transport intelligent (ITS) d’alerte aux feux rouges pour éviter les passages en force, couplant les systèmes GPS des véhicules à ceux de l’infrastructure routière. Poussant la logique encore un peu plus loin, Nissan expérimente aussi, grâce à 500 piétons et 200 automobilistes, la possibilité de créer une base de données centralisée des données GPS des piétons comme des voitures, afin d’éviter qu’elles ne leur rentrent dedans (collisions responsables de 30% des accidents mortels).
En attendant l’avènement de voitures entièrement robotisées, pilotées de l’extérieur et donc sans volants, ni pédales, ni chauffeurs, ou encore un temps qui verra tout le monde doter d’un GPS, et tous les objets interconnectés dans une immense base de données, il faudra donc encore compter sur les conducteurs. Or, connaissant leur propension à refuser toute forme d’atteinte à leurs “libertés” (régulateurs de vitesse, alcootest relié au démarreur, radars automatiques, etc.), il n’est pas sûr que toutes ces innovations soient vues d’un bon oeil par les utilisateurs. D’autant qu’ils posent également de nombreux problèmes de sécurité : que se passerait-il en effet si des individus ou organisations malintentionnés détournaient le système pour espionner les véhicules, leurs conducteurs et passagers (sans oublier les piétons), ou bien encore fausser les données pour provoquer des accidents ou désorganiser tout le système ? ![]() Le consortium car2car propose ainsi de sécuriser, par défaut (”by design“, en VO), les échanges d’information, mais aussi de pseudonymiser toutes les voitures en leur assignant des identifiants temporaires. On ne risque pas sa vie avec un PC : avec une voiture, siLa proposition est loin d’être anodine : l’internet n’a pas été conçu pour être sécurisé, mais pour être ouvert. De même, la RFiD en particulier, et l’internet des objets en général, n’ont pas non plus été conçus pour sécuriser les échanges de données, et j’ai déjà maintes fois eu l’occasion de narrer par le menu en quoi cela pouvait poser problème en matière de confidentialité, et donc de libertés, ne serait-ce que parce que cette dilution des technologies de l’information dans l’espace ambiant rend impossible le fait de savoir qui nous surveille, quand, pour qui ou pourquoi. Le fait de sécuriser, par défaut, la transmission des données car2car est un premier pas. Encore faut-il savoir qui d’autres aura les clefs (les constructeurs ? un régulateur national, mondial ? les forces de police ?), et quelle sera la résistance de cette sécurisation en cas d’attaques. Reste aussi à dresser la liste de tous ces autres objets interconnectés qu’il serait bon, là aussi, de sécuriser… “La voiture intelligente dispense-t-elle le conducteur de l’être ?“, se demande Bruno Camus, auteur d’un dossier intitulé “la voiture intelligente, utopie ou réalité ?” :
Pour lui, “le problème majeur se trouve entre le siège et le volant“, tout comme, en informatique, il se pose face au clavier, et à l’écran. La différence est que personne ne risque sa vie lorsque l’on surfe avec son ordi.
Liste des 1 commentaires pour cet article :
Posté par Planete-Madonna | Jeudi 27 Novembre 2008 à 08:36
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Lundi 24 Novembre 2008 à 20:59

